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27 août 2007

Le retour du traîneau à chiens au Canada
Le changement climatique pourrait réhabiliter le traîneau à chiens au Canada

Vu sur RTL INFO Belgique et lu dans Le Bien Public.

Les Inuits du nord du Canada ont depuis longtemps troqué le traîneau à chiens pour la motoneige, mais le changement climatique, combiné à la hausse des prix du carburant, pourrait remettre ce mode de transport traditionnel à l'honneur.

Introduits dans le Grand nord il y a un demi-siècle, les motoneiges ont d'abord eu le mérite de permettre aux chasseurs inuit de se déplacer plus vite et plus loin, entre les lacs et les rivières gelés, avant d'être adoptées par toutes les communautés de ces régions souvent dépourvues d'axes routiers. Mais les températures du nord du Canada ont grimpé de 2,8 degrés en un siècle, avec une accélération accrue au cours de cette dernière décennie, rendant la glace plus fragile par endroits et les voyages en motoneige, plus risqués.« Nous conseillons aux gens d'être plus prudents, lorsqu'ils se déplacent », a dit Martin Tremblay, chercheur basé à Kuujjuaq, à quelque 1.500 kilomètres au nord de Montréal.

M. Tremblay a récemment été chargé par l'administration régionale de Kativik, dont les pouvoirs municipaux s'étendent dans la partie du Québec située au nord du 55e parallèle, de rédiger un rapport sur les conséquences du changement climatique sur la région. « Au début de l'hiver, particulièrement, lorsque la couche de glace n'est pas assez épaisse, il serait préférable d'utiliser des traîneaux à chiens parce que les chiens peuvent flairer l'état instable de la glace et essayer de l'éviter », précise-t-il.

« De plus, si le traîneau est englouti sous la glace qui se brise, les chiens sont capables de le sortir de l'eau et pourraient donc sauver quelqu'un de la noyade », poursuit-il. Durant les mois d'hiver, les Inuits chassent traditionnellement les phoques, les caribous ou les ours polaires, se déplaçant à travers la toundra sur les traces de leurs proies. Sam Omik, un garde inuit de 55 ans habitant Pond Inlet, dans le territoire du Nunavut, est toujours resté fidèle à son traîneau, tiré par douze huskies. Mais il est un des rares de sa communauté à savoir manoeuvrer un traîneau à chiens comme le lui a enseigné son père. « De nos jours, la plupart des gens utilisent des motoneiges. Ils sont tellement pressés ! » soupire-t-il. M. Omik préfère les chiens parce qu'ils sont "plus amusants" et "moins bruyants" qu'une motoneige, un avantage certain quand on veut surprendre sa proie.

Sans compter que les chiens offrent, selon lui, une protection supplémentaire contre certains animaux dangereux, comme les ours polaires. Mais une autre raison, plus prosaïque, pousse plusieurs Inuits à troquer la motoneige pour le traîneau à chiens: le coût du carburant. Une motoneige utilisée quotidiennement consomme quelque 160 litres d'essence par semaine.

« Bien sûr, entretenir un troupeau de chiens à traîneau, ça représente beaucoup de travail", concède Martin Tremblay. « ll faut les nourrir, et un troupeau normal de douze chiens mange en moyenne un phoque entier tous les trois jours », précise-t-il, reconnaissant par ailleurs que « la plupart des gens travaillent la semaine et ne vont à la chasse que le week-end. Entretenir un troupeau de chiens pour s'en servir uniquement le week-end n'est pas très pratique ».

« Mais il faut s'adapter au changement climatique », conclut-il.

 

 

 

 

© Textes & photos (sauf mentions contraires): Daniel Duhand | Réalisation & design du site:
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