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3 mars 2007
Will Steger : AU SECOURS DES INUIT
Quand on lui demande ce qui le pousse encore, à 60 ans, à partir en expédition dans des milieux hostiles, Will Steger sourit et lance, malicieux : "En fait, j'ai 62 ans. " À la vérité, les presque quatre mois de voyage qui l'attendent, au coeur de la terre de Baffin, au nord du Canada, dans l'océan Arctique, ne lui font pas peur. "Je suis en très bonne forme physique, assure-t-il. Je suis surtout animé d'une grande motivation pour montrer au monde ce qui se passe là-bas. " Depuis ses premiers coups de rame sur le fleuve Yukon, en 1963, l'Américain n'a plus jamais cessé d'aller explorer les zones les plus froides du globe. Et pas seulement pour le plaisir. Dès la fin des années 60, il explique à ses étudiants de Saint-Thomas, dans son cher Minnesota, les dangers du réchauffement climatique. Près de quarante ans plus tard, il repart en croisade. " La glace fond inexorablement dans ces territoires, s'alarme Will. Dès le début des années 90, j'ai pu constater que le printemps et l'été duraient de plus en plus longtemps. Les ours polaires sont menacés d'extinction. " Les souvenirs de l'expédition Transantarctica, en 1989 et 1990, menée conjointement avec le Français Jean-Louis Étienne, ont été rattrapés par une actualité... brûlante. " Avec Jean-Louis, nous avions traversé une immense banquise qui s'est effondrée totalement en 2002, déplore-t-il. Presque tous les lieux dans lesquels je suis passé sont en train de disparaître aujourd'hui. " Après avoir été le premier à atteindre le pôle Nord en traîneau à chiens et sans ravitaillement (1986), avoir traversé le Groenland (1988), puis l'océan Arctique, de la Russie au Canada (1995), il s'apprête donc à relier Iqaluit à Igloolik, dans le Nunavut canadien, soit un périple de 2 000 km. Au-delà du constat qu'il sait d'avance accablant sur les effets physiques du réchauffement, l'objectif du projet est d'aller à la rencontre du peuple Esquimau, menacé lui aussi dans son existence même, sa culture et ses traditions. En compagnie de quatre chasseurs inuit, il va suivre les traces de leur gibier, sur des rivières gelées, dans des paysages de toundra balayée par le vent, au coeur de fjords profonds, au milieu de falaises vertigineuses, à travers des glaciers et sur la mer gelée, vers les villages les plus reculés de ce mystérieux univers blanc.
La voix des esquimaux
Branson et Viesturs en seront ![]() © Wil Steger Pour arriver à ses fins, l'ensemble de l'équipe devra travailler en parfaite harmonie avec les chiens. À chaque étape, le montage des tentes et la construction des igloos constitueront des rituels précieux. Il faudra faire fondre la glace pour obtenir de l'eau, préparer les repas, faire sécher les vêtements, tout en n'oubliant pas de mettre en ordre toutes les informations recueillies sur les Inuit dans tous les domaines de leur vie : chasse, gastronomie, couture, éducation et loisirs. En insistant sur les plus anciennes traditions, avant que la culture occidentale n'imprègne leur mode de vie. Une expérience que la Fondation Will Steger aura à coeur de faire vivre au plus grand nombre, en temps réel. La progression se fera pour commencer dans une nuit quasi absolue, fin février, pour se terminer, fin mai, dans une clarté totale. C'est d'ailleurs sur la fin du parcours que la caravane recevra un renfort de poids... médiatique. Sir Richard Branson, PDG de Virgin, vient juste d'annoncer son intention de passer le dernier mois sur la terre de Baffin avec Will Steger et ses compagnons. L'entrepreneur aventurier est déjà un grand défenseur de l'éthanol et finance des recherches pour trouver une alternative au pétrole, notamment dans le cadre de sa compagnie aérienne. Branson rejoindra l'expédition avec son fils, Sam, 20 ans, mais aussi une légende de l'alpinisme, Ed Viesturs, le premier Américain à avoir vaincu les 14 sommets de plus de 8 000 m sans oxygène. Décidément, il se passe quelque chose au Nouveau Monde. Stéphane Méjanès Une expédition interactive Après s'être envolée d'Ottawa, au Canada, l'expédition Global Warming 101, initiée par la Fondation Will Steger, se posera à Iqaluit. De là, elle s'élancera, le 23 février, pour un périple de près de 2 000 km, entraînée par une meute de 44 chiens de traîneau et guidée par quatre chasseurs inuit, en allant à la rencontre de cinq communautés différentes. Tout au long du voyage, l'équipe enverra des textes, des photos et des vidéos qui pourront être reprises par les professeurs et les étudiants qui le souhaiteront, dans le cadre de leurs cours. Avec pour seul but de sensibiliser l'opinion aux effets multiples du réchauffement climatique. À suivre sur : www.globalwaring101.com et www.willsteger.com Photos : ©Will Steger
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