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Week-end d'attelage en Beaufortin

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ous avions rendez-vous à Naves, un petit village au cour de la Tarantaise et du Beaufortain, qui pratique le tourisme doux. C'est là qu'Atalante a installé sa fameuse "école d'attelage". Christophe Sujdovic, le musher la dirige depuis plus de dix ans avec une meute d'une trentaine de chiens importée du Groenland. Tof, pour les amis, n'a rien du prof austère. C'est un passionné et bon pédagogue. « Le métier de musher est un sacerdoce, car les chiens il faut les avoir toute l'année. Je ne suis pas là pour donner des notes mais pour permettre aux gens de découvrir la montagne et la nature avec des chiens, dans les meilleures conditions de sécurité », annonce-t-il, « pour eux comme pour les chiens ».

En ce week-end, de début de saison, il n'a que deux "étudiants". Marjolaine, 25 ans ingénieur commercial à Lyon et Jean-Christophe 27 ans cadre commercial dans une société de service. « Je suis venue pour un week-end d'initiation car j'aime beaucoup les montagnes et j'ai été attiré vers cette activité. C'est une façon assez sympathique de la découvrir loin des sentiers battus et des remontées mécaniques des stations. Ce qui me tente en fait, c'est de partir en voyage au Canada ou en Finlande pour faire un raid d'une semaine. Je suis là pour apprendre et tester mes capacités », explique Marjolaine.

« Il y a deux ans j'avais été invité par des amis de façon un peu anecdotique », raconte Jean-Christophe, « j'avais découvert une ambiance très trappeur où la notion de distance ou de ce qu'on va faire n'est pas très importante. Je reviens car j'ai beaucoup apprécié le plaisir de la glisse, le moment où ça tire bien devant ainsi qu'un esprit d'expédition, d'itinérance, de caravane qu'on retrouve dans le désert. Ici, c'est le grand désert blanc. Le musher nous demande même d'abandonner nos montres ».

La première impression est très surprenante. Tous les chiens veulent sortir en même temps du camion, ils sont déchaînés et veulent commencer à courir. Là on sent qu'il y a de l'excitation. On attrape les chiens, ils sont puissants, il ne faut pas les lâcher, c'est un moment où la pression monte. Ils tirent sur les lignes, certains s'attrapent à grands coups de gueule, ils aboient des tous les côtés. « C'est haut en couleurs et en sons », poursuit Marjolaine.

D'abord, apprendre le nom des chiens. Puis à s'en occuper, à mettre les harnais et à les atteler. « Je viens dans une formule comme celle là parce qu'il y a l'apprentissage tout en étant immédiatement en situation réelle », précise Jean-Christophe, « on est tout de suite dans le grand blanc, dès la première sortie. Là, le côté autonome est très appréciable. Le côté école est rassurant car on goûte aux sensations en les maîtrisant ».

Dès le départ les élèves sont lâchés sur la piste sans préparation préalable, Tof affirme que c'est une école de terrain ! Bien sûr, il donne des consignes. C'est strict, mais c'est une question de sécurité pour ne pas blesser les chiens, pour ne pas tomber, pour ne pas lâcher le traîneau et que les chiens partent avec. Chaque élève à son propre traîneau avec un attelage avec quatre ou cinq chiens « On pense que ça va partir à toute allure et finalement c'est plutôt en douceur. Une fois sur le traîneau, on se rend compte que ça se passe bien, que c'est plaisant. On reconnaît ses chiens, on leur donne des consignes. Ensuite ils prennent leur rythme de croisière sur la piste. Il n'y a pas de raison de se retrouver dans les décors tant que les patins restent bien à plat sur le sol. Ils sont suffisamment larges pour poser les pieds. Si ça commence à basculer, ça peut être impressionnant, mais on a été briefé, donc on essaye de décaler le poids du corps du côté opposé pour ne pas tomber. Quand on veut arrêter l'attelage et que les chiens ne répondent pas vraiment à l'injonction, on peut utiliser un frein, une sorte de râteau, qui s'enfonce dans la neige en appuyant dessus avec le pied », confie Marjolaine. Même son de cloche chez son compagnon de cours : « Dès qu'on part, tout se relâche, les chiens tirent devant, on effectue ses premiers mouvements, on a un peu de stress car on a l'impression qu'on va passer d'un côté ou de l'autre du traîneau. Et puis non, ça commence à glisser et on prend rapidement de la maîtrise. »

Le soir, arrivé au refuge, Tof est satisfait de ses débutants qui nourrissent déjà la meute: « Ils font attention aux chiens et c'est important. Je n'ai rien dit quand ils partaient devant. Il faut s'imposer et vivre en harmonie avec les chiens. A la fin du week-end ils seront de vrais mushers ».

 

 

 
Pour en savoir plus:
le site d'Atalante: www.atalante.fr

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