cani-rando
historique
boutique
petites annonces
liens

CHIENS

GROENLANDAIS

« Le chien Esquimau ou chien du Groenland, est très proche du malamute et du husky de Sibérie. Bien qu'on le rencontre dans tout l'Arctique, il est considéré comme typique du Groenland et des régions orientales de l'Arctique canadien », expliquait Paul-Émile Victor, grand utilisateur de ces chiens, qu'il choisissait uniquement dans le village de Jacobshavn.

Ses ancêtres, les chiens esquimaux, étaient les compagnons des chasseurs inuit qui migrèrent de Tchoukotka sibérienne, il y a dix mille ans jusqu'à l'extrême est du Groenland. Descendrait-il du loup boréal, comme certains le suggèrent ? Rien n'est moins sûr.

Le groenlandais est surtout le chien des grandes expéditions polaires. Il accompagne l'amiral Robert Peary dans sa conquête du pôle Nord en 1909, tout comme il est présent dans l'expédition de Roald Amundsen en 1911 au pôle Sud. C'est bien sûr le chien fétiche de Paul-Émile Victor lors de toutes ses aventures au Groenland comme en Terre Adélie. Ce sont aussi des groenlandais qui tirent le traîneau du Danois Knut Rasmussen lorsqu'il rallie le Groenland au détroit de Béring en Alaska entre 1921 et 1924.

Il fait son apparition en Europe en 1913, lors de la construction de la ligne de chemin de fer de la Jungfrau en Suisse. Il transporte les matériaux sur une piste enneigée de trente-quatre kilomètres à plus de rois mille mètres d'altitude.

En France, c'est Paul-Émile Victor qui en rapporte de ses expéditions en 1938. Après une petite démonstration par le col du Lautaret en janvier, il participe aux manouvres des troupes alpines au Montgenèvre devant un parterre de généraux. Le patron de l'exploration polaire française, fait la preuve de l'utilité des traîneaux à chien en hiver dans les montagnes enneigées, mais l'état-major ne prête aucun intérêt aux chiens qu'il trouve trop lents. Le mois suivant, à la demande du ministère de la Guerre, Paul-Émile Victor organise un raid transalpin de deux cent trente kilomètres par la Haute route des Alpes entre Nice et Chamonix, avec ses groenlandais. Paris-Soir de l'époque publiait : « L'expédition transalpine de Paul-Émile Victor et Michel Perez vient de remporter un succès alpin de tout premier plan. Malgré les avis pessimistes de nombreuses personnes qualifiées, le traîneau à chiens et les skieurs qui l'accompagnaient ont franchi le col de la Noire à 3027 mètres d'altitude. C'était là une tâche redoutable et devant laquelle, en hiver, les meilleurs montagnards hésitent souvent. Les chiens eskimos ont, d'une façon précise, définitive, prouvé cette fois ce qu'ils valent. »

Le qimmiq, le chien groenlandais, est une race élevée, comme son nom l'indique, par les Inuit du Groenland. C'est génétiquement le plus naturel et le plus proche du loup. D'un caractère entier et sans concession, il est bâti pour l'endurance au froid et à l'effort. Il existe des types différents de chiens groenlandais suivant les régions de l'inlandsis. Ceux de la côte ouest sont plus lourds, plus fort que ceux de la côte du côté d'Ammassalik, qui sont plus petits et plus rapides. De façon générale, son corps est très musclé. Il a la mâchoire puissante, les oreilles courtes et dressées vers l'avant. Son poil long, épais, est également lourd au toucher. Les couleurs les plus rencontrées sont le corps blanc et la tête charbon ou le corps noir et la tête blanche.

Le Groenlandais travaille dans des attelages en forme d'éventail qui tirent des traîneaux chargés de fret. Il participe aussi à la chasse. Très rustique, il devait jadis chasser pour son propre compte pendant les mois d'été. Sélectionné pour son énergie ce chien offre un excellent compromis entre la vitesse et l'endurance. C'est cette dernière qualité qui est utilisée en compétition où il reste le plus rare des chiens de traîneau. D'un poids de trente à quarante kilos, il constitue un très bon équilibre entre la vélocité du husky et la puissance du malamute. Loyal avec son maître, gentil avec les enfants, très sociable, ce chien est aussi un animal de meute batailleur avec ses congénères et souvent fugueur quand son instinct de chasseur reprend le dessus. C'est un animal qui a besoin de beaucoup d'autorité tout en étant très sociable avec les hommes.

« On en trouvait dans tout l'arctique canadien, mais à l'apparition de la motoneige, la vraie race disparaissait. Heureusement, certains éleveurs ont préservé cette race. On en trouve encore en Terre de Baffin, à Churchil et chez moi au Québec », regrette François Berger un célèbre musher français installé au Québec depuis plus de trente-cinq ans.

L'explorateur Français des expéditions polaires raconte, dans Chiens de traîneaux compagnons du risque , que les Esquimaux pratiquaient de nombreux rites magiques pour rendre leurs chiens plus efficaces : « Pour développer la rapidité des chiens, on insérait un poil de la base d'un bec de corbeau dans une des coutures du harnais, dans le fouet et dans le traîneau, à l'assemblage d'un patin et de la première planche supérieure. Aucun chien n'était tué. On les laissait mourir de mort naturelle. Au moment de la mort, tous les habitants de la maison du chasseur auquel appartenait le chien observaient des rites funéraires identiques à ceux pratiqués en cas de mort humaine, à l'exception des tabous de nourriture. Tout ce qui se trouvait dans la maison était sorti en hâte par le couloir d'entrée et par les fenêtres. Les objets restaient dehors pendant trois jours. Puis la maison, les objets et les habitants étaient lavés à l'urine fermentée, avant que ne puisse reprendre la vie normale. »

En Suisse, l'élevage le plus important se trouve sur le glacier de l'Eiger et appartient au chemin de fer de la Jungfrau. C'est là que depuis plus de soixante-quinze années, on voue à cette race le plus grand intérêt et les meilleurs soins. Il y a également des éleveurs et propriétaires habitant le plateau. Ensemble, ils veillent à préserver la robustesse, la volonté, la résistance et l'endurance de cette race primitive, au sens le plus positif du terme, tout en s'efforçant de lui garder son caractère naturellement affectueux.

© Réalisation : Les Editions Vacances Nature pour Chiens & Traîneaux Magazine
Toute reproduction de textes, de vidéos et d'images sont interdites sans autorisation du site