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MUSHERS: PORTRAITS DE MUSHERS

 

Norman Vaughan

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N

orman Vaughan: une légende éternellement vivante! Peu d'hommes peuvent se vanter, de leur vivant, d'avoir une montagne à leur nom. Norman Vaughan est de ceux-là. Mais Norman Vaughan est un homme tellement hors du commun.

Norman est né à Salem, dans le Massachusetts aux Etats-Unis, le 13 décembre 1905. Son père est un riche industriel, qui a prospéré grâce à une de ses inventions pour le tannage des chaussures blanches des infirmières. Son enfance est baignée des récits des exploits de Robert Peary au pôle Nord, des records du Norvégien Roald Amundsen qui arrive le premier au pôle Sud en traîneau à chiens en 1911 et des aventures de Robert Falcon Scott qui meurt sur la route du retour : ce sont ses héros préférés. L'exploration polaire est à son apogée. Lorsqu'il a 12 ans, sa famille s'installe à Hamilton, dans la banlieue chic de Boston. Il réalise alors son premier attelage sur les pelouses enneigées de la maison familiale, avec Rex et Fido, le berger allemand et le colley de ses parents. En 1918, il entre à la Milton Academy, un pensionnat privé où il pratique énormément de sports différents, notamment le polo, mais le foot reste son activité préférée et y prépare son entrée à Harvard.

En 1925, il s'absente d'Harvard pour ravitailler en traîneau des villages esquimau isolés au nord-est du Labrador. Trois ans plus tard, alors qu'il étudie de nouveau à Harvard, l'amiral Richard Evelyn Byrd qui vient de réaliser le premier survol en avion du pôle Nord, lui demande d'assurer son soutien logistique durant la première expédition américaine en Antarctique. Byrd, veut cette fois survoler le pôle Sud. Norman est fou de joie, une expédition de quatorze mois avec un héros de l'Amérique, ça ne se refuse pas. Norman Vaughan doit diriger une caravane de secours en cas d'atterrissage prématuré. Durant le voyage en bateau pour rejoindre l'extrême sud de la terre, il occupe son temps à soigner les chiens. Le jour de noël 1928, une cinquantaine d'hommes débarque au camp de base Little America, à l'est de la baie des Baleines, les 650 tonnes de matériel nécessaires à cette folle aventure. Norman dispose de quatre-vingt-quinze chiens. Dès la mi-janvier, les vols tests commencent. Le 20 août 1929, après un long et glacial hivernage austral, les premiers rayons de soleil sont de retour sur l'Antarctique. Le 29 octobre, six hommes, dix traîneaux et quarante-six chiens partent sur la piste de Roald Amundsen. Norman Vaughan organise des dépôts de vivre et de carburant pour l'avion. Les équipages de traîneaux à chiens parcourent plus de 1100 milles avant de rentrer à leur base de Little America en quatre-vingt-sept jours.

Le 29 novembre, à 1 h 14 du matin Byrd survole le pôle Sud à bord d'un monoplan trimoteur Ford. Bientôt centenaire, Norman Vaughan raconte : « Après la réussite de l'expédition, l'Amiral Byrd décida de baptiser trois montagnes des Queen Maud Mountains du nom de ses équipiers surnommés : les trois Mousquetaires. Il s'agissait d'Eddie Goodale, de Freddie Crockett et de moi. Quand il me parla de ma montagne, je lui répondis qu'il faudrait que je revienne pour en faire l'ascension ! » Le Mont Vaughan ne fait que 3140 mètres d'altitude, mais pour y grimper, Norman dut attendre d'avoir 89 ans.

A Lake Placid, en 1932, les courses de chiens de traîneaux apparaissent comme sport de démonstration aux Jeux Olympiques d'hiver. Il représente les Etats-Unis, mais il n'y a pas de médaille à gagner. L'année suivante, il décline l'offre que lui fait Richard Byrd, de repartir avec lui pour sa deuxième expédition en Antarctique.

Vers la fin des années trente, il participe avec ses chiens à de nombreuses missions de sauvetage en montagne. Quand les Etats-Unis entrent en guerre, il est mobilisé sur une base du Labrador, avec le grade de capitaine. C'est là que l'amiral Byrd le retrouve et le nomme à la tête d'une unité de l'Air Force de recherche et de sauvetage, avec le grade de colonel. Il a pour rôle, avec ses hommes et ses chiens de traîneau, de récupérer les équipages des avions perdus dans les régions polaires. Il réussit en sauver vingt-quatre. Ses compétences en matière d'attelage de chiens, le désignent pour une mission ultrasecrète au Groenland. L'inlandsis est alors occupé, à la fois par les Allemands sur la côte est et par les Américains à l'ouest. Le colonel Vaughan doit récupérer du matériel confidentiel et dangereux dans le ventre d'un bombardier B17 écrasé sur un glacier. Il accomplit cette mission au nez et à la barbe de l'équipage d'un sous-marin nazi débarqué sur place pour la même opération. Pendant l'hiver 1944-1945, il se retrouve sur le front, en Europe, où il doit évacuer les blessés américains à l'aide de deux cent neuf chiens et dix-sept traîneaux, au milieu de la bataille des Ardennes.

La légende veut que ce soit Norman Vaughan qui apprenne à conduire un attelage de chiens à l'explorateur Paul-Émile Victor. L'Américain l'affirme, le Français le niait, prétextant que jamais personne ne lui avait enseigné. Le vétérinaire Dominique Grandjean, rapporte dans son livre Véto des neiges, qu'il fut témoin d'une rencontre assez houleuse, entre les deux hommes, à ce sujet dans le Jura, en 1989.

Norman Vaughan vit en Alaska depuis plus de quarante ans. Il a représenté l'Alaska avec ses chiens et son traîneau lors de trois parades d'investiture présidentielle à Washington. En 1972, pour l'accès de Richard Nixon à la maison Blanche, en 1977 avec Jimmy Carter et en janvier 1981 pour l'investiture de Ronald Reagan. Il participe également à de nombreuses courses ces années-là, dont la plus fabuleuse pour tous les mushers du monde : l'Iditarod en Alaska. Il s'y inscrit treize fois à partir de 1975. Il a déjà septuagénaire, ses résultats sont assez moyens. Norman ne termine la compétition que quatre fois et sa meilleure place est trente-troisième, en 1978. Sa dernière participation remonte à 1992, il est alors âgé de 82 ans! Carolyn Muegge-Vaughan, qu'il a épousé cinq auparavant est aussi engagée dans la course. Sa femme est de trente-six ans sa cadette, ils abandonnent ensemble avant la fin des 1687 kilomètres de l'Iditarod.

« Après je n'ai jamais refait l'Iditarod », confie avec humour Norman, « à mon âge je n'ai plus aucune chance de pouvoir gagner sur une telle distance ».

Lorsque le Pape Jean-Paul II, visite l'Alaska en 1981, Norman est chargé de lui faire faire un tour de traîneau à chiens. Pour des raisons de sécurités, la démonstration doit avoir lieu dans l'enceinte de l'aéroport d'Anchorage.

« Quand le Pape voulut monter dans le traîneau, je lui ai proposé de le conduire », raconte avec fierté Norman Vaughan, « Il a trouvé l'idée excellente. Je savais qu'il était bon skieur et qu'il n'aurait pas de problème d'équilibre. Avant de commencer la leçon et de faire un tour de piste, j'ai dû avouer à Jean-Paul II que deux des chiens avaient des noms pas très catholiques. Comment s'appellent-ils ? Le Diable et Satan ; mais je peux vous en débarrasser si vous voulez ? Le Pape m'a répondu : «  Non, tant que je suis sur le traîneau on peut les laisser. » Après quelques explications techniques sur le fonctionnement de l'attelage, nous avons été faire un tour sur les pistes enneigés. Puis nous sommes revenus jusqu'au pied de la passerelle. Sa Sainteté, en montant à bord m'a dit : « J'ai passé un moment extraordinaire avec vous sur le traîneau », et a béni l'attelage des chiens en souriant. Le soir, j'ai enfin réalisé que Jean-Paul II avait béni Le Diable et Satan ! »

Au début des années 90, Norman songe à retourner en Antarctique pour tenir la promesse faite à Byrd le jour où il baptisa sa montagne. Il faut au passage trouver un million de dollars, car l'accès au septième continent est onéreux et Norman veut y aller avec ses chiens.

Entre temps, il retourne au Groenland pour retrouver ce qui restait des bombardiers ensevelis sous la glace et dont il avait sauvé les équipages. Avec l'aide de la Pizzagalli Construction Company, ils creusent un puit de 78 mètres de profondeur dans la glace. Ils en extraient un chasseur Lockeed P38 Lightning, abattu en juillet 1942. L'appareil mesure seize mètre d'envergure et est démonté pièce par pièce au fond du gouffre de glace. Il est reconstruit quelque mois plus tard au Kentucky et vol de nouveau aujourd'hui.

Au printemps de l'année 1993, les soutiens financiers sont enfin trouvés et en novembre, il s'envole avec vingt huskies. Hélas l'avion s'écrase à l'atterrissage. Des chiens sont tués, d'autres perdus dans la catastrophes et un membre de l'expédition est gravement blessé. Il lui faut attendre un an de plus avant de pouvoir revenir, mais cette fois sans ses chiens qui depuis avril 1994, sont devenus persona non grata au pôle Sud. Le 16 décembre, trois jours avant son quatre-vingt-neuvième anniversaire, il s'offre, enfin, l'ascension de sa montagne avec l'aide d'amis alpinistes et de son épouse Carolyn.

En 1996, Norman Vaughan a reçu la Toison d'or de l'aventure à Dijon, dans le cadre du Festival de l'aventure vécue organisé, chaque année, par la ville et la Guilde Européenne du Raid. Juste récompense pour une vie consacrée à réaliser ce qui, pour la plupart des gens, n'est que de l'ordre du rêve.

Depuis 1997, il commémore le sauvetage de la ville de Nome et l'héroïsme des mushers, en organisant chaque année une expédition d'une dizaine d'attelage de chiens. Le départ a lieu à Nenana, la petite gare où les mushers reçurent la boîte de vaccins. L'expédition s'engage ensuite sur les mêmes pistes qu'en 1925, à travers la taïga, les forêts de bouleaux et de sapins, les rivières gelées. Un mois après, "le Serum 25", c'est son nom, arrive lui aussi à Nome sur le bord de la mer de Béring, où les mushers livrèrent les médicaments à l'hôpital pour sauver la ville.

Norman Vaughan est s'est éteint en décembre 2005 quelques jours après son centième anniversaire, jusqu'à la dernière minute de sa vie il ne pensait qu'a retourner en Antarctique, des plaines de l'Iditarod aux étendues polaires son souvenir nous accompagnera toujours. La légende reste vivante.

Lire les livres de Norman vaughan:

My life of adventure

A master dog-sledder, wartime hero, and world-renowned explorer recounts the story of his life in an upbeat, plainspoken style. And what a life it is! From his expeditions to Antarctica to his World War II service to his part in rescuing downed pilots in Greenland, Vaughan, at 89, has lived--and is still living--a life of adventure.

With Byrd at the Bottom of the World: The South Pole Expedition of 1928-1930

A fascinating account of a Harvard dropout who became dog handler on Byrd's 1928-30 expedition to Antarctica. Vaughan has many interesting anecdotes of a life that has been full and varied, as evidenced by the fact that he is 85 and still mushing. The story, like the author's life, suffers a letdown when Vaughan returns from Little America to begin a career in advertising. But the expedition account is riveting, and there are hints of later excitement. The book is a bit unfocused, however, and it is uncertain whether this is an autobiography, a biography of Byrd, or an account of a polar exploration. Recommended wherever general readers are interested in the Antarctic grail.

Infos complémentaires :
Norman Vaughan : le site officiel
La Serum Race: le site de l'expédition

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